Leishmania

Leishmanioses

Leishmania

Photos
P. Desjeux
and JP. Dedet

Les Leishmania sont des protozoaires flagellés, appartenant à l’ordre des Kinétoplastidés et à la famille des Trypanosomatidés.
Elles présentent au cours de leur cycle de développement deux stades morphologiques successifs :
- le stade amastigote :
petit corpuscule arrondi ou ovalaire de 2 à 6 µm de diamètre, possédant un noyau, un kinétoplaste et un flagelle interne. L’amastigote est situé à l’intérieur des cellules du système de phagocytes mononuclés du vertébré mammifère.
- le stade promastigote :
à corps long (15-25 µm) et mince (2 µm), avec un noyau central, un kinétoplaste et un long flagelle libre antérieur. Ce stade flagellé est libre dans le tube digestif du phlébotome vecteur.

Forme amastigote.

Forme promastigote

Le cycle évolutif du parasite correspond au passage alterné du vecteur (stade promastigote) au vertébré (stade amastigote).
Les promastigotes métacycliques, virulents, sont inoculés dans la peau des sujets à l’occasion de la piqûre du phlébotome. La multiplication intracellulaire des amastigotes reste en général localisée aux macrophages et aux cellules dendritiques du site d’inoculation, et entraîne le développement d’une lésion cutanée localisée. Dans d’autres cas, les parasites diffusent à l’ensemble des organes du système des phagocytes mononuclés, donnant lieu à la leishmaniose viscérale. Plus rarement, les parasites peuvent être transportés aux ganglions lymphatiques drainants et diffuser à d’autres sites cutanés comme dans la leishmaniose cutanée diffuse (LCD), éventualité rare en général liée à un défaut de l’immunité cellulaire de l’hôte.

Impossibles à différencier par leur morphologie, les Leishmania ont nécessité pour leur identification l’utilisation de critères extrinsèques (forme clinique, distribution géographique, nature de l’hôte), puis de critères intrinsèques (phénotypiques ou génotypiques). L’identification par électrophorèse des isoenzymes, pratiquée depuis 1981, représente encore à l’heure actuelle la technique de choix, même si les méthodes moléculaires tendent à se développer.

La localisation du parasite dans les divers organes du patient est directement liée au tropisme des espèces de Leishmania. Sur un trentaine d’espèces que contient ce genre, on peut globalement distinguer deux espèces à tropisme viscéral (L. donovani et L. infantum) responsables de LV, des espèces dermotropes (pratiquement toutes les autres espèces). L. braziliensis, et plus rarement L. panamensis, sont connues pour leur localisation secondaire aux muqueuses de la face. Mais l’expression clinique dépend aussi du statut immunitaire des patients.

Classification simplifiée du genre Leishmania

Sous genres et complexes
Forme clinique courante
. I . Sous genre Leishmania
  L. donovani
L. infantum
  L. major
L. tropica
L. killicki
L. aethiopica
L. arabica
L. mexicana
L. amazonensis

 

LV

 

LC

. II . Sous genre Viannia
  L. braziliensis
  L. guyanensis
L. naiffi
L. lainsoni

LCM

LC


Leishmaniose canine
(L. infantum)
Dans le sud de la France, l’espèce Leishmania infantum est endémique dans les régions de climat méditerranéen. Son réservoir est le chien, et l’enzootie canine est importante ( environ 30 000 cas annuels ). Les principaux foyers sont ceux des Pyrénées–Orientales, des Cévennes, de Provence, de Côte d’Azur et de Corse. Les cas humains sont en nombre limité ( environ 40 cas annuels ), essentiellement représentés par des LV, accessoirement par des cas de LC.

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